10 novembre 2013

Caprice

© Fondation Folon

À ce cercle de jeunes gens, qui ne savent pas écrire mais veulent par caprice en faire leur métier, il faut en ajouter un qui par la variété de ses activités offre un changement bienvenu: lui ne sait pas peindre. [...]. Lorsque l'écrivain accapare les faveurs du public que ce soit par son allemand déplorable ou par sa mégalomanie, il ne reste plus grand chose pour le peintre. Il pourrait pourtant faire progresser la nature morte, vu son style fleuri. Voilà longtemps qu'on considère le portraitiste avec méfiance, ce qui l'a rendu tellement susceptible qu'il quitta, vexé, une association dont il avait peint le secrétaire général. Depuis, seuls les morts se sont laissés portraiturer par lui. Là, aucun blâme ne peut l'atteindre: il a pour lui l'excuse des traits déformés par la mort.1 

Karl Kraus - La littérature démolie (1896)

Il s'agit de Ferry Beraton, protégé de Hermann Bahr. Au demeurant, écrire que Beraton ne savait pas peindre est exagéré, comme en témoigne le portrait d'Anton Bruckner.

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