12 mars 2014

Seul à seul


J'ai souri récemment devant un dessin qui blâmait les tablettes avec cette légende : La tablette est mauvaise pour les yeux. Vous commencez par lire et finissez par y regarder un film.
Pour apporter une autre eau au moulin de ses détracteurs, un article de Philippe Lefait dans le Magazine Littéraire qui évoque le récent livre de Roberto casati Contre le colonialisme numérique chez Albin Michel :  

...« l'environnement numérique est devenu hostile pour la lecture des livres ». Les tablettes conçues comme des systèmes de distribution de contenus, en font une distraction parmi d'autres. Ils en perdent leur spécificité : créer avec le lecteur un irremplaçable colloque singulier. L'objet littéraire a un « format cognitif parfait. Il s'acquitte remarquablement bien de sa tâche parce qu'il n'a que lui-même à offrir. Bien sûr, il n'éloigne pas à lui seul la télévision ou Internet, mais grâce à son caractère achevé, il sait à merveille annoncer la promesse d'une rencontre entre l'auteur et le lecteur. Chaque livre est un petit écosystème, une niche écologique où vivent en parfaite symbiose un auteur et un lecteur. En l' achetant, vous faites valoir ainsi un puisant contrat sur l'attention ; le livre s'engage à vous laisser seul avec son contenu de la première à la dernière page». Le philosophe ajoute à sa démonstration la dimension sensuelle et affective de la rencontre. Cette tristesse qui s'installe à la vision de ces quelques pages seulement qui restent à lire !
(Le Magazine Littéraire n°539 de janvier 2014, pages 18-19). 


Commentaires





Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire