14 mai 2014

Cocon

Cocon
Et c’était comme son cocon à elle, cet endroit, où il n’y avait plus à craindre la moindre poussière du dehors, où on se retrouvait entre gens du même monde, avec les mêmes vêtements et les mêmes idées politiques, garantissant à chacun la douceur du prochain, de ce genre de prochain qu’aucun d’entre eux ne peine à aimer comme lui-même, puisque c’est le même. Habillés tous pareil, coiffés tous pareil, déjeunant tous pareil au Cercle Marin, les hommes aux cheveux rasés sur la nuque et les femmes affublées d’un serre-tête composent un peuple fantasque, irruption d’un passé qui n’a sûrement jamais existé mais qu’ils sont certains de représenter et de transmettre encore, une sorte de France antique et royaliste, et comme encore secouée par l’affaire Dreyfus.

Tanguy Viel - Paris-Brest 

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