24 juin 2015

Raconte !

Je pense que, lorsqu'on raconte une mélancolie, elle devient plus lumineuse. 
C'est la mélancolie non racontée qui est une mélancolie pesante.


Dans un article de Hubert Prolongeau (Le Monde Diplomatique, juin 2015) 

7 commentaires:

  1. Parler de sa mélancolie, quand elle est maladive, j'imagine bien que ça soulage.
    Sinon ce me semble un exercice bien compliqué si la raison n'en est pas précise...un vague à l'âme, si flou.

    Mais le livre que vous mettez en lien dit ceci: "Dans cette quête de l’universel par le prisme du personnel, en dépassant le national, quoi de plus partagé, en ce début de XXIe siècle, que le sentiment de crise et la mélancolie qui en résulte ? Et pour conjurer la mélancolie, il faut la raconter."
    Ah, ici c'est la crise, une puissante raison donc.

    merci Christian, bonne fin de journée, le sablier-livres m'attend!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je crois que le vague à l'âme de celui qui est seul est encore moins supportable de n'avoir quiconque pour le partager. Parfois dire seulement «j'ai le blues» (et être entendu) suffit à lui donner une autre coloration. Mieux le chanter ou l'écrire, évidemment, mais chacun n'est pas artiste.
      J'essaierai de trouver ce livre (ou le premier) de ce bulgare.

      La crise, c'est la mélancolie et nous la vivons peut-être moins ici.
      Et que ne nous racontent pas les Grecs...!

      Heureux sablier Colette.

      Supprimer
  2. Je me souviens d'avoir lu un billet enthousiaste sur son "Alphabet des femmes", mais je n'ai encore rien lu de cet auteur dont vous montrez une autre facette.
    Elle est terrible, vraiment, la mélancolie non racontée, qui laisse les amis même les plus proches si impuissants.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah l'intérêt de la blogosphère ! Je n'avais pas repéré ce recueil de textes de Gaspodinov. À suivre, chez Arléa. Merci Tania.

      Supprimer
  3. J'aime beaucoup l'illustration ! Sinon, parler de sa mélancolie.... je ne sais pas....

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ma première remarque va vers mon choix de citer cet auteur hors contexte : il est surtout question dans son livre de la mélancolie liée à la crise ambiante que vivent des pays européens. La généralisation n'est pas nécessairement évidente au vu de l'une ou l'autre réaction ici, ce qui fait la richesse et l'intérêt de la blogosphère.

      Je ne sais pas non plus finalement. Tout dépend de la nature de chacun. J'ai posé la question à ma compagne qui me répond que c'est mieux d'exprimer son vague à l'âme. Je ne sais pas comment cela éclaire son malaise de le raconter. Dans mon cas, verbaliser «colore» la grisaille intérieure mais ne la dissipe pas et c'est bien je trouve.

      Le poids des mots n'allège-t-il pas celui de nos cœurs ?

      D'un côté, je ne vous vois pas, Bonheur, écrivant chaque jour le pendant de votre blog qui serait «Malheur du jour» et où vous nous livreriez vos vagues à l'âme quotidiens.... ;))
      NB: j'aime bien «vague à l'âme» au féminin (une vague) mais c'est plus correct de l'accorder au masculin.

      Supprimer
    2. Toutefois, les bonheurs du jour n'existent-ils pas aussi parce que la vie n'est pas toujours facile ? Et c'est drôle, je crois bien que j'ai toujours pensé "une" vague à l'âme....

      Supprimer