7 octobre 2015

À la page


Seriez-vous d'accord de payer vos livres à la page lue ?

Il va de soi que cette pratique implique qu'il s'agit de lecture numérique sur un appareil connecté à l'éditeur et à votre compte bancaire. Le projet est bien analysé par Pierrick Messien sur Le souffle numérique où je vous convie de lire son compte-rendu clair, méthodique et objectif.

Pour insister sur un point qui me touche particulièrement et sur lequel, dans ses propos mesurés, l'article passe un peu vite, je recours à une comparaison imaginaire : en supposant que la page lue soit rétribuée 0,05 euro, Jules Supervielle du haut du paradis des surréalistes verrait son "Enfant de la haute mer" rétribué 75 cents pour chaque lecteur qui va au terme de sa nouvelle, tandis que chaque lecture complète de "Cinquante nuances de Grey" garnirait de +35 euros le compte bancaire de E.L.James.

Bref, en caricaturant grossièrement, je ne trouverais pas correct que, quelque passionnantes et convenablement écrites que fussent leurs pages, les écrivains diarrhéiques soient mieux gratifiés que ceux qui mûrissent six semaines une trentaine de lignes géniales et bien pesées. 

Les pour et contre qui nuancent les réactions à chaud méritent qu'on se pose pour réfléchir à cette pratique commerciale.

20 commentaires:

  1. C'est l'avantage des librairies et des bibliothèques : on lit une page ou deux, c'est gratuit, et puis on repose le livre ou on l'emporte.

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    1. J'apprécie un tel sens pratique. J'y ai recours depuis l'enfance ;-)

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  2. autant je suis favorable au livre numérique qui a certains avantages autant ce genre de chose est tout à fait aberrant et la ruine de la qualité littéraire

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  3. L'idée me semble aussi aberrante que celle du livre "au poids"; cependant, comme expliqué dans le lien, pouvoir lire et un chapitre ou deux (pour un prix très modique) sans devoir décider si on veut le lire en entier et payer le tout peut présenter un (petit) avantage.

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    1. Je crois que les avantages du système sont largement compensés par le négatif. Le livre au poids, je n'en ai (heureusement) jamais entendu parler, ce serait l'équivalent papier du prix à la page au fond, oui.

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  4. Je suis plutôt du genre à faire comme Tania, ça ne me paraît pas d'un grand intérêt, mais peut-être que je me trompe (et je ne lis toujours pas en numérique ..)

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    1. Je crois que mis à part Colo, personne n'a marqué beaucoup d'intérêt pour les points analysés dans l'article renseigné. Mais, ainsi que vous, je me trompe peut-être...

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  5. Je vote Tania !
    Par ailleurs, Supervielle ne serait-ce point Jules, cher Christw ?

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    1. Mais si, cher K, et je ne trouve même pas un Jacques homophone avec lequel j'aurais eu l'excuse de le confondre... :-(

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  6. Mais en lecture numérique (liseuse?) on peut changer la taille des caractères donc le nombre de pages? Ou alors on compte le nombre de caractères?
    Bon, autant pour Proust pas de souci, autant ça me ferait mal pour ces best seller écrits au kilomètre...

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    1. Payer à la page ou au caractère importe peu, le principe discutable étant de payer pour un volume de texte lu. Avec un système de contrôle en ligne intégré à l'ebook. Porte ouverte à d'autres abus.

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  7. Je rejoins finalement l'avis de Tania, y compris pour les livres qu'on emporte, leur sort peut encore être en balance.

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    1. Comme je le lui ai répondu, j'apprécie beaucoup la boutade de Tania bien entendu, mais n'oublions pas (voir mon billet) qu'il ne peut s'agir de livres papier. S'il s'agit d'un paiement à la page, il faut être connecté. Donc nous sommes bien dans le domaine de la lecture numérique.

      Comme précisé par Dominique , je trouve que cette pratique va à l'encontre de toute notion de qualité littéraire et cela me dérange, malgré les petits avantages pécuniaires que l'on peut parfois en retirer si on arrête une e-lecture.

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  8. encore une fois j'avais mal compris, je croyais que c'était les auteurs qui étaient rétribués à la page lue , et là comme je suis lectrice , je trouve que ça ne me concerne pas trop , si certains auteurs veulent être payés comme ça , cela les regarde , je sais que les auteurs jeunesse y trouveront peut être mieux leur compte. Mais en tant que lecteur je veux payer le livre entier et pas des pages!

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    1. Oui Luocine, mais ne trouvez-vous pas que si les auteurs (ou les éditeurs avec pourcentage aux auteurs, le principe reste) étaient payés à la page lue, ils pourraient incliner à écrire le plus de pages possibles, ce qui n'est quand même pas précisément l'objectif de la littérature de qualité ?

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  9. Évidemment, je suis de l'avis de Dominique et ca rappelle l'idée déjà lancée d'être remboursé si le livre n'a pas été aimé !

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    1. Bonsoir Pascale. Je ne vois pas bien comment mettre en place le fonctionnement du livre remboursable sans autoriser des abus, mais, a priori, l'idée me choque moins que celle de l'ebook payé à la page.

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  10. Contre! ;-) Car cela suppose que l'on soit "fliqué" et que l'"On" sache exactement ce que l'on lit ou non.

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    1. Oui, il y a nécessairement un contrôle. Puis l'idée d'évaluer le prix, la valeur d'un livre au nombre de pages est ridicule. Vous imaginez payer un film de cinéma à la minute ?

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