29 avril 2017

Le fond de la rade

"Un jour je vous emmènerai, il y a des endroits ici, au fond de la presqu’île, qui ressemblent à l’Amérique du Sud. Je ne suis jamais allé en Amérique du Sud, mais j’ai vu des choses à la télévision, j’ai vu les rivières limoneuses où les arbres jettent un regard de fatigue sur l’eau grise, eh bien quelquefois ici c’est pareil, et alors on sent qu’on peut y perdre son âme, en tout cas qu’elle glisse sans mal dans les branches des arbres, dans le camaïeu de vert qui borde l’eau et les murets de pierre, qu’elle est prête à se perdre dans l’étendue plane et les dunes pierreuses qui hésitent où finir. Il faut comprendre cela, j’ai dit au juge : passé le goulet d’étranglement, ce n’est plus le large océan ni la force du vent qui vous époumone, mais presque l’eau stagnante, l’odeur de vase qu’on trouve dans les rivières, voilà à quoi ça ressemble, le fond d’une rade. En un sens, la rade, c’est l’océan moins l’océan."

6 commentaires:

  1. Bel extrait. Merci, Christw.

    RépondreSupprimer
  2. Cela doit être la promesse d'un beau voyage que de perdre son âme dans ce décor et l'émotion transportée par ces mots là!

    RépondreSupprimer
  3. belle photo ! j'ai navigué l'an passé dans la rade de Brest c'est un endroit superbe plus beau encore que je ne l'avais imaginé.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'aimerais faire comme vous, j'aime les ports, les rades, les endroits où l'on "sent" l'océan.

      Supprimer