21 janvier 2014

Notre nouveau philosophe


Que l'on s'abstienne de tout mal, que l'on fasse le bien quand l'occasion se présente, que l'on prenne en main sa vie hasardeuse puisque rien n'a de sens, si ce n'est en elle. Rien de plus. Rien de moins. De beaux esprits trouveront que c'est peu et ne manqueront pas de nous traiter d'égoïstes. Et pourtant c'est déjà beaucoup. C'est là une morale qui, en dépit des apparences, va plus loin que celle dont bon nombre d'hommes se contentent. Fixer son idéal plus haut serait comme se pousser à la faute.

Joseph Macé-Scaron[1] - Montaigne, notre nouveau philosophe
Il serait futile de vouloir résumer l'esprit de Montaigne en cinq lignes. Elles reflètent bien, cependant, la nature souple, prudente mais déterminée de sa pensée. Les Essais ne s'attachent pas à une vérité universelle, mais prennent en compte, pour fonder un jugement, la nature singulière de chaque individu, de chaque moment, de chaque situation. 
Celles et ceux qui souhaitent embrasser rapidement la philosophie de Montaigne ne trouveront pas cet ouvrage adéquat[2]. Certes, il approfondit le maître à penser à l'aune de notre époque, établissant des ponts entre les Essais et les préoccupations du monde actuel, mais le propos n'a pas vocation didactique. Écrit brillant où l'accent est naturellement mis sur des champs de réflexion qui répondent à la sensibilité intellectuelle de Macé-Scaron. Les citations des Essais ralentissent la lecture si l'on souhaite cueillir le vieux français du seizième siècle. J'ai fini par découper ma lecture en tranches de cinq pages afin de parvenir confortablement au bout, maintenant une lecture profitable.

Une visite du philosophe qui demande une approche studieuse.

[1] Macé-Scaron est devenu directeur du magazine Marianne  en décembre 2013.
[2] Un Été avec Montaigne (Antoine Compagnon) conviendrait mieux en ce cas.

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