20 mai 2016

L'obscurité, l'étang

"Les gens des villes d'Occident ou des campagnes d'alentour ne savent plus rien de l'obscurité. Ils ne connaissent ni son velours pour les yeux, ni son rêve pour l'esprit, ni son importance pour le toucher, ni son repos, ni la valeur qu'elle donne à la lumière. Toujours, un bouton électrique se trouve sous la main, un réverbère à portée du regard, une réverbération de néon dans le ciel.

Marie Gevers - Vie et mort d'un étang


Pris au vol parmi les mots d'un jour de Bonheur, le livre s'est posé à côté des lectures que je picore au gré d'heures simples, promenades au bord de l'étang paisible qui embaume l'air et reflète une vie. 
Marie Gevers : "Volonté de vivre, d'accepter, de comprendre, ce mystère d'exister (...) Avec ce don qu'elle avait de rendre magique ce qu'elle ne cessait jamais de rendre vrai", écrit Georges Sion dans la préface. 

16 commentaires:

  1. J'aime aussi beaucoup ce Bonheur du jour!
    Oui,l'obscurité devient un luxe, et finalement même sans éclairage on voit toujours un peu dehors la nuit, grâce à la lune, selon sa phase, ou même des lumières lointaines. ma commune éteint vers 23 heures, quel bonheur! Je me lève la nuit sans allumer dans la maison.
    Récemment j'ai reçu chez moi une amie parisienne, et en rentrant du feu d'artifice du 14 juillet, elle était complètement étonnée "mais il y a plein d'étoiles!". j'ai dû réaliser que pour elle c'était exceptionnel (et on a passé une demi heure à reconnaître des parties du ciel, c'était chouette!)
    Bon je digresse, tout cela pour vous faire part de mon plaisir à découvrir ce beau texte.

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    1. Merci beaucoup de ce témoignage et la digression toujours bienvenue Keisha.
      Durant l'été, il nous arrive de loger sous tente dans un camping dont une partie, celle que nous aimons, n'a pas d'éclairage la nuit. Dès vingt-deux heures, nous découvrons ce qu'était la vie sans électricité... Malgré nos lampes de camping, c'est une expérience étonnante : retrouver la vraie obscurité, heureusement qu'il y a la lune parfois.
      Je pense aussi souvent que lorsqu'il n'y avait pas d'éclairage électrique, les ombres profondes étaient bien plus inquiétantes que de nos jours, d'où ces légendes de sorcellerie et démons d'antan. Dans le noir, l'imagination travaille.

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  2. J'ai mis Marie Gevers à mon programme, je ne sais pas exactement pour quand .. Quand je pars en vacances, je suis toujours étonnée moi aussi du nombre d'étoiles que je vois. En pleine ville, on oublie à quoi ressemble un vrai ciel.

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    1. Il y a qu'on ne se met pas dans les conditions pour observer le ciel, la nuit, les ombres.
      Je n'ai pas encore terminé le livre de Marie Gevers, il a deux parties, la seconde s'appelle "La cave", abri pendant la guerre.

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  3. Comme Aifelle c'est un livre que j'ai bien l'intention de lire

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    1. Un livre reposant, comme son épigraphe :

      Que c'est une chose charmante
      De voir cet étang gracieux,
      Où comme en un lit précieux
      L'onde est toujours calme et dormante
      (Racine)

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  4. Oh, comme cela semble poétique et apaisant, je note ce titre pour l'été.

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    1. C'est vrai que ce genre de livre tourné vers la nature se lit bien dans la saison estivale.
      Bonne lecture si vous y allez.

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  5. je ne sais pas si ce livre est pour moi , je m'ennuie parfois dans la nature, j'aime la ville les hommes et la mer!

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  6. Heureuse de savoir ce beau texte entre vos mains et d'en relire ce passage, merci.

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    1. Je me souviens que vous avez pu visiter Missembourg, sans l'étang.

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  7. Un livre, je suis si contente que vous l'appréciez, qui m'est très cher car j'aime vivre dans la nature et les mots de marie Gevers me touchent toujours.
    Un autre roman lu et relu est :"La comtesse des digues"

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    1. Un vent de fraîcheur dans ce livre.
      Je retiens "La comtesse des digues", merci beaucoup Colette.

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  8. L'obscurité, précieuse, comme un refuge à ciel ouvert...

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    1. Précieuse ou anxiogène, l'obscurité est un mystérieux refuge.

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