[...] je ne méprise pas les gens qui disent : « Voilà un froid sec ; rien n'est meilleur pour la santé.» Car que peuvent-ils mieux ? Se frotter les mains est deux fois bon quand le vent souffle du nord-est. Ici, l'instinct vaut sagesse et la réaction du corps nous suggère la joie. Il n'y a qu'une manière de résister au froid, c'est d'en être content. Et, comme dirait Spinoza, maître de joie : « Ce n'est point parce que je me réchauffe que je suis content, mais c'est parce que je suis content que je me réchauffe. » Pareillement, donc, il faut toujours se dire : « Ce n'est point parce que j'ai réussi que j'étais content ; mais c'est parce que j'étais content que j'ai réussi. » Et si vous allez quêter la joie, faite d'abord provision de joie. Remerciez avant d'avoir reçu. [...]
Alain - "Humeur" dans "Propos" (Pléiade 1956) [p.343]
En somme, selon Alain (et Spinoza), il faut être content d'abord pour ensuite se réchauffer ou réussir, plaçant la volonté et l'état d'esprit avant le résultat. Beau. Discutable ?

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
AUCUN COMMENTAIRE ANONYME NE SERA PUBLIÉ
NO ANONYMOUS COMMENT WILL BE PUBLISHED