23 mai 2017

Lectures en vacances



Bref compte-rendu de lectures nonchalantes, hors d'atteinte du quotidien, entre deux balades sous les embruns iodés.

Pierre Magnan, cet amoureux des Alpes de Haute Provence et de Giono, signait en 1976 un roman policier classique et donnait vie au commissaire Laviolette. "Le sang des Atrides" est un récit attachant, à l'intrigue emberlificotée. Écriture soignée, griffe de Magnan.

"Auprès de l'assassin", quelle tristesse cette histoire navrante, un peu angoissante, mais triste surtout de lire ce qui s'apparente à un scénario de série télévisée, laconique, sans âme et sans style.  

"Dans le train" : Christian Oster console grandement du précédent par une narration singulière. La précision et la profondeur de l'auto-analyse permanente du narrateur cisèlent le portrait psychologique de cet homme et d'une femme – grâce à la maîtrise du discours indirect – qui lient connaissance sur le quai d'une gare. C'est inattendu, authentique et si bien fait qu'on en éprouve presque de la gêne, car c'est nous qui sommes soudain là dans le roman, dans nos pudeurs, désirs et justifications maladroites, pleins du droit d'aimer et de l'espoir de l'être en retour. La rencontre amoureuse, vieille comme le monde, un thème qui ne lassera jamais tant que les auteurs sauront si bien le renouveler. On a beau s'agacer que chez Minuit, on dirait les "produits dérivés d'une marque grand style" (Sophie Divry), chez moi, c'est bingo ! à chaque coup. Vous pouvez Feuilleter les premières pages.

18 commentaires:

  1. ah Pierre Magnan voilà quelqu'un que j'aime bien d'abord parce que c'était un admirateur et ami de Giono et puis ses livres sont sympathiques

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    1. Un belle écriture, une façon de faire un peu ancienne, classique, j'aime beaucoup.

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  2. Je devrais bien tenter ce Magnan ( voir l'avis de Dominique plus haut)
    Alors, Minuit, oui, ses auteurs sont reconnaissables (il faut vraiment que je lise Sophie Divry), il y aurait un profil Minuit, mais on peut en dire autant de Verdier alors, ou de plein de 'petits' éditeurs. Ce n'est pas forcément critiquable négativement, au moins le lecteur peut y aller , l'éditeur a fait le tri (après, certains auteurs Minuit me plaisent plus que d'autres)
    A lire Certains documents sur la vie du livre contemporain (une de mes marottes actuelles) ce n'est pas faux de dire que certaines maisons choisissent un certain type d'auteurs, et même les attirent. A elles de détecter les imitations, d'ailleurs.

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    1. Je suis d'accord avec ce que vous dites sur Minuit, d'ailleurs, je ne suis pas trés bien la position de Divry sur ce point (sinon pour le reste, elle a tout bon).
      Tout ce que vous lisez/lirez sur la vie du livre contemporain m'intéresse, je serai attentif à ce que vous publiez là-dessus sur votre blog. Je trouve passionnant de réfléchir à tout cela. Bonne journée Keisha.

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  3. J'en ai lu dans ma jeunesse des Laviolette ! J'aimais beaucoup l'univers de Pierre Magnan. Christian Oster n'a jamais croisé ma route, mais il n'est jamais trop tard. Dommage pour le polar.

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    1. Oui je crois que je lirai d'autres enquêtes du commissaire Laviolette, l'atmosphère est moins lourde que Maigret, et puis c'est Magnan.
      Le polar de Louis Sanders, c'est pénible, dommage oui.
      La rencontre amoureuse de Oster est vraiment délassante. Parfois comique même, mais si vraie.

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  4. Je ne suis tentée par aucun des trois mais j'ai acheté 3 livres de Pierre Bayard dans la collection minuit !

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    1. Bonne idée, je n'ai encore jamais lu, j'espère que vous partagerez votre avis sur ces lectures. Bayard analyse et fait refléchir avec humour, je crois, c'est assez rare pour être souligné.

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  5. J'ai beaucoup lu Magnan dans ma jeunesse, j'aimais ses histoires. Je ne sais pas si aujourd'hui elles me plairaient autant, faudrait y retourner pour voir.
    Bayard, tous ses livres sont intéressants, je t'encourage à y mettre le nez, Christian.

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    1. Ok merci Pascale. Bayard et d'autres chez Minuit sont dans un coin, le temps manque, hélas, il faut faire des choix.

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    2. As-tu chroniqué quelque chose sur P. Bayard ?

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  6. Je ne pense pas (Bayard), j'ai tout gardė pour moi :-)!

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  7. PS : celui qui m'a le plus marquée est "Aurais-je été résistant ou bourreau ?"

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    1. Ah, j'ai évidemment beaucoup entendu parler des "livres qu'on n'a pas lu", c'est bien d'insister sur celui-là, merci Pascale.

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  8. C'est vraiment, pour moi, un incontournable de Bayard. Ses questions, son raisonnement poursuivent longtemps.
    Sinon, dans un tout autre genre, j'ai aussi apprécié "Le Titanic fera naufrage". Les autres, dont celui que tu évoques, sont bien mais pas aussi dérangeants.

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    1. En psychanalyste, avec une formation orientée sur l'analyse de l'esprit humain, Bayard semble bien placé pour réfléchir à cette question : résistant ou bourreau ?
      Aah, je pense que les éditions de Minuit n'ont pas fini de me réserver des surprises agréables.
      Bonne soirée.

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