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22 juin 2019

Mémoires d'outre-tombe


Traduit du brésilien par R. Chadebec de Lavalade.

Poursuite de la découverte de ce nom des lettres brésiliennes déjà apprécié sur ce blog ici et . Machado de Assis (1839-1908) prête cette fois sa plume à un rentier défunt, Brás Cubas, membre éminent de la classe dirigeante du pays, qui raconte cyniquement ses mémoires depuis l'au-delà : soixante chapitres, parfois de simples paragraphes, empreints d'ironie et parsemés de clins d'œil au lecteur. Derrière l'humour noir du narrateur, c'est le Brésil de la fin du 19e siècle encore marqué par l'esclavage, sous la domination d'oligarques et qui voit l'influence du scientisme et du positivisme venus de France. Les péripéties sociales, politiques et surtout amoureuses de Brás Cubas fondent l'essentiel de ces mémoires. La manière innovante rompt avec la narration linéaire flaubertienne et amorce un tournant marquant dans la littérature brésilienne (réalisme) : "C'est qu'il s'agit ici, en vérité, d'une œuvre diffuse, composée par moi, Brás Cubas, suivant la manière libre d'un Sterne ou d'un Xavier de Maistre, mais à laquelle j'ai peut-être donné parfois quelque teinte chagrine de pessimisme." [Préface] 

7 mai 2018

Enclore la démence

Traduit du portugais (Brésil) par Maryvonne Lapouge-Pettorelli

Nous avions laissé un J-M Machado de Assis légèrement mélancolique et vieillissant, pas vraiment dans la ligne de ce que la postérité lui reconnaît, le cynisme et l'ironie. "L'Aliéniste", par contre, est un conte cinglant qui moque la science et la médecine de l'esprit au 19e siècle, gloussant au passage sur la comédie humaine. La bourgade Itaguaï (Ithaque brésilienne où revient le médecin Simon Bacamarte, l'esprit plein d'un voyage d'études en Europe) est le miroir d'une société très influencée à l'époque par le positivisme: davantage de rationalité scientifique, moins de théologie et de spéculations métaphysiques. Bacamarte entreprend de bâtir un asile pour les fous, la Maison Verte,  aux fins d'étudier ces cas.  

14 avril 2018

Carnet à Rio

Traduit du brésilien par Jean-Paul Bruyas.

"Ce que les hommes appellent amour" est considéré comme le récit le plus autobiographique de l'auteur brésilien Machado de Assis (1839-1908).

Un diplomate à la retraite, à Rio de Janeiro en 1888, est pris en amitié par un vieux couple sans enfants, les Aguiar, dont l merveilleuse vieille dame pourrait avoir été inspirée par la propre épouse de Machado (ils n'eurent pas d'enfants). Ces personnes se lient avec une belle jeune femme, Fidélia, veuve Noronha, qu'ils considèrent comme leur fille, tandis qu'ils désespèrent de voir jamais revenir Tristan d'Europe, qui fait aussi figure de fils adoptif. La sœur du diplomate parie avec son frère que la veuve Noronha, inconsolable mais ravissante personne, ne se remariera jamais, et certainement pas avec lui, seul et la soixantaine.