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28 juillet 2026

31 mai 2026

Hommage


À force d'oublier l'essentiel pour l'urgent,
on oublie l'urgence de l'essentiel.

Edgar Morin (1921-2026)


© Observatoire de la mondialisation (It)

25 octobre 2024

Des livres pour tous

L'article de la RTBF commenté ici est du type "fil info" et n'est donc pas approfondi, mais il invite à se poser des questions sur le sujet.
Le titre de l'article tombe comme un couperet "Sans les livres d’occasion, de plus en plus de Belges ne pourraient plus s’en acheter" (RTBF Actus). Un peu surpris, je me dis en même temps que j'achète régulièrement des livres d'occasion.

Cette information expose les chiffres en France où, selon une étude commandée par le ministère de la Culture, la part de marché du livre d’occasion progresse chaque année et représente aujourd’hui 20% des livres achetés. Il semble que la tendance soit similaire en Belgique où le prix des livres neufs a progressé de 5,1% [source ?].

Les marchés du livre d'occasion doivent refuser des exposants, des privés notamment ; fini le temps où il fallait visiter des antiquaires et vendeurs professionnels pour trouver un livre de seconde main. Une étudiante, amoureuse des livres, confie : "L’offre est tellement importante aujourd’hui en occasion que je trouve toujours ce que je cherche."

Les maisons d'édition ne touchent rien sur un livre revendu. Pour freiner la revente, elles pensent à une taxe sur les livres d'occasion (3%), qui reviendrait aux auteurs et autrices : "Cette taxe ne viserait que les grands groupes industriels comme Amazon, eBay, Vinted, […] ces grands acteurs internationaux ne paient pas d’impôts en France." Les autres plateformes en ligne ne sont pas visées jusqu'ici : Momox, Recyclivres, ... L'inconvénient de ces dernières est que l'évaluation de l'état du livre est approximative : un ouvrage vendu comme "à offrir" ne devrait pas comporter de marques ni de pliures. De plus, les frais de port ne sont pas négligeables, il est préférable de commander pour un montant qui implique la livraison gratuite.

L'article ne fait pas mention des bibliothèques qui répondent à de nombreuses demandes. Dans les grandes villes, rares sont les livres – sauf les nouveautés – qu'on n'y trouve pas, éventuellement via un réseau ou sortis d'une réserve. 

Pour conclure, retour en Belgique : "Selon les derniers chiffres du secteur, pour l’année 2023, le marché du livre en Fédération Wallonie-Bruxelles s’élève à 264 millions d’euros [source ?]. Et le nombre de ventes de livres neufs a diminué l’an dernier."

Les détails de la situation du livre neuf en Belgique francophone en 2023 sont proposés dans "Le Carnet et les Instants".

Lisez-vous d'occasion ?

19 octobre 2020

Patrimoine et nature

Il faut savoir être un arbre durant les quatre saisons,
Et regarder, pour mieux se taire,
Écouter les paroles des hommes et ne jamais répondre,
Il faut savoir être tout entier dans une feuille 
Et la voir qui s'envole.
(Jules Supervielle - "Les amis inconnus", extrait)

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Respiration de la lumière, du feuillage, des couleurs.
Qui ne peut demeurer longtemps en contemplation
devant un arbre ne peut comprendre tout à fait que
le monde entier est attente, initiation.
(Christian Hubin - "La forêt en fragments", extrait)


Lors des journées du Patrimoine 2020, visite du parc du château de Waroux et ses arbres vénérables. La guide avait agrémenté sa présentation d'une page littéraire dédiée aux arbres. Moment marquant avec ces centenaires.

©ParisMatchBelgique

1 septembre 2020

La biodiversité (1) : espèces et écosystèmes

Qu'est-ce que la biodiversité, ce mot qu'on entend et lit partout ? Au-delà de l'émotion que peuvent susciter les pandas, ours blancs et tigres qui disparaissent, qu'en est-il vraiment ? Préserver prairies et insectes pollinisateurs, réintroduire le loup : mais encore ?

Ce livre, paru en 2013 aux éditions de l'Aube, a répondu aux maintes questions que je me posais. La recension suivante est non exhaustive dans la mesure où je n'y aborde que les notions qui m'ont accroché, parce que je les ignorais ou les tiens pour importantes.

29 juin 2020

Pause

Blog livres en pause pendant quelques temps, 
question de respirer autrement.  
J'espère vous retrouver bientôt toutes et tous, portez-vous bien.

3 mai 2020

13 avril 2020

Uniformiser les petites têtes

Dessin de Gros dans "Marianne"

Je tiens à relayer un article de Françoise Siri dans "Marianne" (26 mars, p.72) qui s'insurge contre la standardisation des esprits en littérature jeunesse.

22 octobre 2019

Professeur de démystification

Rendre hommage à sa mère en vantant la littérature populaire est l'exercice gracieux que propose Frédéric Schiffter dans un récent billet : cette dame lui conseillait les écrivains qu'elle aimait plutôt que ces philosophes qui « ne semblaient pas éveiller plus que ça la jugeote de son fils».

Dard, Sarrazin, Japrisot, Simenon, y compris les "Maigret", et toutes sortes de polars, ces livres ordinaires dédaignables par les doctes, sont de la littérature : "Même si je montrais des réticences à l’égard de cette littérature populaire à cause de l’obligation où j’étais de connaître les auteurs classiques, je trouvai des moments pour la lire. Non seulement j’en éprouvai du plaisir, mais il me vaccina contre les escroqueries modernistes telles que le Nouveau Roman, le roman expérimental et autres formalismes littéraires.", écrit le «philosophe sans qualités». 

Pour moi, si je lis de moins en moins de fiction dite populaire, la satisfaction que j'y ai trouvé, que j'y trouve toujours, aide à déceler la mystification que peuvent représenter bien des livres qui ont le cachet de l'érudition.

Chez Simenon, lorsque l'inspecteur Maigret tire sur sa pipe en observant benoîtement des suspects tapant les cartes, dans un troquet de Paris ou de province, devant un demi ou un "fil-en-six", je soupire d'aise, absorbé par les senteurs bistrotières et l'indécise lumière pépère. Et si je trébuche sur l'une ou l'autre faute d'harmonie, les pages sont des amies.

25 septembre 2019

En voie de disparition ?


"Je vois la mort de Gutenberg, l’imprimerie, c'est fini."

Ainsi s'exprimait un bouquiniste indépendant de Louvain-la-Neuve sollicité par un journaliste de la RTBF. L'article n'est sans doute pas loin de la vérité, les bouquineries sont de plus en plus rares et ce blog ne peut oublier que c'est préoccupant, pour nous qui lisons et aimons les livres de papier. 

Dans ces lieux "de partage et de transmission", nous aimons chercher la bonne surprise. Le problème est qu'avec les nouveaux modes de consommation, de moins en moins de gens ont envie de se constituer une vraie bibliothèque. Moi, je continue. Et vous ?

2 juin 2019

Rapprochement culturel

Depuis belle lurette, il y a dans ma vitrine de livres une statuette de Don Quichotte et Sancho Pança. J'ai de l'affection pour cet objet, cadeau d'une personne proche, bien que je n'aie pas lu entièrement le roman médiéval de Cervantes. Michel Serres, dans un hors-série de "Philosophie Magazine", exprime un autre sentiment qui traduit mon attachement aux deux figures.

"Je pense que Don Quichotte est un des plus grands livres de l'humanité. Qu'est-ce que la culture ? Le mot a deux sens : on dit qu'un homme est cultivé lorsqu'il a lu beaucoup de livres, qu'il a fréquenté les musées, qu'il est allé au concert. Bref, il a une culture que j'appellerai académique. Second sens, ethnologique : les mœurs et coutumes d'un village, d'une culture donnée : la façon de s'habiller, la façon de raconter des histoires, de faire les fêtes , de danser. Ce sont deux sens très différents. On a coutume de penser qu'un homme très cultivé a un certain mépris pour ces habitudes de villages – et que ceux qui sont du village ne connaissent pas, sont en dehors de la culture académique. Le roman de Cervantes a ce coup de génie incroyable : associer les deux. Don Quichotte est ivre de livres, il a tellement la culture académique que tout le monde ressemble pour lui à un héros de livre, ou à un monstre comme les moulins à vent. Tandis que Sancho Pança est toujours dans les proverbes – qui n'ont pas d'auteur. Il ne cite pas les auteurs, contrairement à l'homme cultivé, qui ne dit pas que «la joie est importante», mais «Spinoza dit que la joie est importante». Sancho Pança n'a pas de références, mais conte des histoires qu'on lui a racontées. Il exprime ainsi une culture au sens ethnologique. Il est extrêmement rare qu'un auteur ait le génie de rapprocher les deux et de les faire vivre ensemble. Qu'est-ce que la culture, véritablement : c'est ce rapprochement ! La culture est à la fois populaire et savante, sans mépris réciproque."

Extrait de "Le monde selon Michel Serres"

31 mai 2019

Patrimoine olfactif

Ce n'est pas un canular, il est question d'inscrire l'odeur des vieux livres au Patrimoine Culturel et Immatériel de l'Unesco. Plusieurs articles sur internet le signalent en cette fin de mai 2019 (ActuaLitté). À l'origine, une publication dans "Heritage science" qui constate : "Notre connaissance du passé est sans odeur. Pourtant, les odeurs jouent un rôle important dans nos vies quotidiennes: elles nous affectent émotionnellement, psychologiquement et physiquement et influencent notre façon de nous engager dans l'histoire." [trad. Google]

Dans le cadre d'une étude basée sur l'odeur de bibliothèques historiques bien connues et appréciées, il se dégage une Roue des odeurs du livre historique, outil de documentation clé, car il combine les aspects chimiques et sensoriels de l'expérience des odeurs du papier ancien. L'article conclut "... nous proposons que les odeurs fassent partie de notre patrimoine culturel et qu’une approche structurée de leur recherche soit nécessaire.[trad. Google]

Nuage de mots des descripteurs d'odeurs de livres historiques recueillis
auprès des visiteurs du musée et de la galerie d'art de Birmingham,
Royaume-Uni

Ceci prolonge de manière inattendue le sujet que nous avions déjà abordé en 2018.

31 décembre 2018