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1 juin 2021

Gentil policier


"C'est un monde tellement civilisé : livres, bibliothèques, thé et petits gâteaux.
Pourquoi est-ce un monde où l'on se fait tuer juste pour quelques mots ?"

Ce bref extrait de "Mortelle dédicace" donne un aperçu de son thème. Une très vieille dame est retrouvée morte dans son fauteuil ; des connaissances suspectent un meurtre à cause d'une carte postale tombée d'un de ses livres : "On vient vous chercher !". Cette vénérable consultante ès meurtres conseillait des auteurs de romans policiers qui la remerciaient dans leurs livres. Puis l'un d'eux est tué d'une balle dans la tête.

L'enquête est menée par un sympathique trio d'enquêteurs en herbe, de Shoreham à Aberdeen, et par la police en la personne d'une jeune lieutenante sikhe. Nous sommes plutôt dans le roman policier léger, oxymore d'Elly Griffiths, l'auteure, pour qualifier des classiques pas très noirs, du genre enquêtes d'Agatha Christie. Je préfère le qualificatif gentil, car finalement dans ce roman-ci, même les méchants ne le sont pas trop, on est loin des polars à la Manchette ou James Ellroy. 

Je n'en sors pas déçu mais mon sentiment général est mitigé, il n'y a pas de quoi crier au génie quant au dénouement par paliers de cette enquête, ni pour quelque vertige induit par une mise en abyme. À un moment, j'ai pensé à ces séries policières télé qui, sous nos yeux mi-clos, trouvent une issue que l'on peut voir subtile si l'on a bien saisi tous les ressorts de l'intrigue (et si on n'a pas perdu le fil pour aller au frigo).

Mais ce peut être délassant, langue fluide, les premières pages ici. J'ai relu récemment, en moins branché, "Le crime de l'orient-express" (pour retrouver l'ambiance du train mythique avant tout), ce n'est pas très littéraire non plus, le mystère et l'enquête priment. 

D'autres avis sur Babelio

"Mortelle dédicace" convient mieux en version e-book. Pour épargner les cinq cents grammes aux planches de ma vitrine, je dépose le volume en bas, à côté des sonnettes de l'immeuble, il connaîtra d'autres lectures. 

En partenariat avec Hugo Publishing et Babelio, je les remercie.

14 août 2019

Fascinant dahlia

"«Bigger L.A.» [Los Angeles] est la matrice principale, pour ne pas dire exclusive, de son imaginaire narratif : la réalité physique de la ville, sur le plan topographique, toponymique, ou architectural, comme ses caractéristiques sociologiques, constituent un matériau obsessionnel." (Frédéric Sounac à propos de James Ellroy)

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Freddy Michalski

Qu'un roman raconte des péripéties horribles et violentes, qu'il nous donne le tableau d'une ville corrompue et pervertie par l'argent, le sexe et le pouvoir, tout cela n'empêche pas qu'il soit tenu en estime lorsqu'on en lit jusqu'au bout les cinq cents pages. Ce livre d'une densité incroyable, d'une profonde intensité, laisse un souvenir notoire mais ténébreux. La victime, Elizabeth Short, une jeune femme assassinée et mutilée, affecte le travail de nombreux membres du Los Angeles Police Department (LAPD) et bouleverse gravement celle de deux enquêteurs. Si cette fille devient un mythe dans le roman de James Ellroy, il en advint autant du vrai crime de 1947, jamais résolu : une vingtaine de livres ont été écrit sur les investigations criminelles de cette affaire. 

4 juin 2016

Romans de villégiature

Bref retour sur les lectures consolatrices d'une villégiature printanière météorologiquement détestable, dont un automne incongru aux portes de l'été ravive le souvenir glaçant. Il s'agissait d'une traditionnelle vague polar propre aux séjours de vain soleil.
Deux romans noirs émergèrent sans conteste et confirment l'estime vouée de longue date à leur auteur.