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| Par Beau Riffenburgh Sélection Reader's Digest - 2011 Adaptation française de "Titanic rememberd 1912-2012" publié en 2008 aux États-Unis |
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| Par Beau Riffenburgh Sélection Reader's Digest - 2011 Adaptation française de "Titanic rememberd 1912-2012" publié en 2008 aux États-Unis |
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| Perrin éditeur, 2018 250 pages |
"Contrairement aux films Titanic de 1943 et A Night to Remember de 1958, il n’y a pas eu de panique. Au contraire, des hommes et des femmes de toutes conditions ont attendu stoïquement la mort. C’est peut-être pourquoi le naufrage du Titanic occupe une place si particulière dans la mémoire collective." (Gérard Piouffre)
S'il est un livre qui élucide exhaustivement et avec rigueur les questions que pose le naufrage du Titanic, celui que propose Gérard Piouffre émerge, car il dispose d'une vaste masse de documents dont témoigne la bibliographie en fin de volume. Historien de la marine, Chevalier de l'ordre du Mérite maritime, avec de bonnes connaissances techniques (bien qu'il ne soit pas marin), il objective impartialement les événements et le comportement de chacun à bord, qu'il s'agisse de richissimes passagers, de marins, officiers et matelots, ou d'émigrants.
Après avoir exposé de nombreux faits et aspects techniques dans les comptes rendus précédents ...
Dans les profondeurs du Titanic - Paul-Henri Nargeolet
Les enfants du Titanic - Navratil Élisabeth
Les secrets du Titanic - Rupert Matthews
... je vais, grâce à cet ouvrage, les compléter et revenir sur ceux que l'on a laissés dans l'incertitude ou dans l'ombre afin d'y apporter, pour la plupart, un éclairage définitif.
Les légendes – un sarcophage de momie jetant le mauvais sort, par exemple – et plusieurs prémonitions que manifestèrent certain(e)s sont abordées et démontées, mais libre à chacun d'y prêter foi.
Les rivets retrouvés cassés près de l'épave. Explication très détaillée de leur fabrication pour aboutir à la conclusion qu'il est difficile de conclure ce qui a provoqué leur rupture : s'il s'agit du choc avec l'iceberg ou avec le fond marin, le bateau heurtant celui-ci à 74 km/h (et non 50 km/h comme avancé dans le livre de Nargeolet). Mention de l'Explorer, bateau contrôlé et bien entretenu, aux tôles non rivetées mais soudées, donc plus solides, qui heurta un iceberg en 2007 et coula néanmoins malgré sa conception moderne adaptée à la navigation polaire : "Dans la lutte implacable du vaisseau d’acier contre le vaisseau de glace, ce dernier a toujours le dernier mot", écrit solennellement Piouffre.
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| L'Explorer, en 2017, coula après avoir heurté un iceberg de nuit, sans pertes humaines. |
Sur le chantier britannique Harland & Wolff (les propriétaires du bateau sont américains, le savoir-faire anglais) où fut construit le Titanic, on déplora huit morts, ce qui est peu : "Dans les autres chantiers, on admet qu'un tué par tranche de 100 000 livres sterling dépensées est une norme acceptable". Cette façon d'envisager les choses est abrupte, mais fait tristement partie du monde industriel. Le Titanic coûta 1 500 000 livres sterling, l'équivalent de 150 millions de dollars des années 2000.
Les accusations d'alcoolisation de l'équipage et des officiers sont fantaisistes, le Titanic était le fleuron de la White Star Line et personne n'aurait osé enfreindre le règlement strict en buvant un seul verre en service. C'est l'avis formel de l'auteur.
Le Titanic se livrait-il à une course au record ? Au début du 20e siècle, le Ruban Bleu était décerné au paquebot ayant effectué dans le temps le plus court la traversée le l'Atlantique nord dans le sens est-ouest. Ce sont les navires de la compagnie britannique Cunard qui emportèrent ce trophée, réalisant la traversée en moins de cinq jours. Or ces "lévriers", à l'opposé des paquebots de la White Star, vibrent fort, sont effilés, donc sensible au roulis par mer calme, développent une puissance de 76 000 chevaux et leur consommation de charbon est énorme.
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| Le Mauretania de la Cunard détenteur du Ruban Bleu de 1907 à 1929. |
Les trois géants de la White Star (Olympic, Titanic, Gigantic/Britannic) sont des paquebots différents, plus luxueux, leurs structures ne vibrent pas afin d'assurer le confort des passagers et ils développent dans les 46 000 chevaux, soit beaucoup moins que le Lusitania ou le Mauretania. Une arrivée à New York une nuit plus tôt aurait d'ailleurs été contre productive pour la compagnie, car des discours officiels, la presse et des curieux attendaient le bateau pour le lendemain matin. L'argument de la course au record tombe complètement. Mais il ne fallait pas traîner, c'est évident, vu l'ordre du commandant de maintenir la vitesse.
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| ©RMS Titanic, Inc |
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| Le Californian, cargo mixte de 136 m, Royaume-Uni |
Je l'ai lu en diagonale "Les secrets du Titanic" (2011), que l'on doit au britannique Rupert Matthews, et j'ai repéré deux ou trois paragraphes [pp 78 à 80] marqués au crayon par un lecteur irrespectueux, mais clairvoyant, qui m'ont permis de pointer quelques informations sur les glaces qui se forment sur les océans.
Les marins distinguent quatre types de glace :
Quelques lignes plus bas : "Pourtant la glace n'était pas considérée comme un danger majeur pour la navigation. Elle n'avait jamais causé le naufrage fatal d'un gros vaisseau [...]." Il y eut bien des doutes pour le SS Islander en 1901 qui toucha un rocher ou un iceberg et le SS Canadian en 1861 qui heurta quelque chose dans le brouillard. Ils sombrèrent tout deux. [SS veut dire Steam Ship = bateau à vapeur]
En général, les avaries causées par les collisions avec des glaces avaient permis aux capitaines de les gérer au mieux. Les voies d'eau étaient parées par les cloisons étanches prévues par les architectes navals. Les retards pris pour réparer étaient davantage le souci que la perte de bateaux, corps et biens. Bref, "les capitaines opérant dans les zones à icebergs considéraient ce facteur comme un risque de plus en mer, qui, bien géré, ne présentait pas de danger particulier".
Mais il faut savoir que les plus grands bateaux à vapeur de ce temps étaient d'un gabarit de 10 à 17.000 tonneaux et filaient tout au plus 18 nœuds [1 nœud = 1.852 km/h = 1 mille/h]. Le Titanic était un monstre de 45.000 tonneaux allant à 22.5 nœuds lors du choc, de sorte que la collision avec l'iceberg fut d'un autre acabit. [p 89]
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| Rupert Matthews, 2011 Original Books, 250 pages [traduit de l'anglais par Isabelle Chelley] |
Pour la petite histoire (© wikipédia) :
"L'iceberg soupçonné d'avoir coulé le RMS Titanic. Cet iceberg a été photographié par le chef steward du paquebot Prinz Adalbert le matin du 15 avril 1912, à quelques kilomètres au sud de l'endroit où le Titanic a coulé. Le steward n'avait pas encore entendu parler du naufrage du Titanic. Ce qui a retenu son attention, c'est la trace de peinture rouge qui apparaissait à la base de l'iceberg, suggérant qu'il était entré en collision avec un navire au cours des douze heures précédentes.D'autres récits indiquent qu'il y avait plusieurs icebergs à proximité du lieu de la collision du Titanic."
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| Hachette Livre, 2012 / Librairie Générale Française, 2017 350 pages |
Difficile d'adhérer à ce qui précède, car je lis sur France Info (confirmé par Wikipédia) :"À cette époque la marine britannique utilise encore à bord des navires civils et militaires les ordres de manœuvres employés sur les voiliers, et lorsque l'on veut aller à bâbord (gauche), il faut pousser la barre franche à tribord (droite) située à la poupe (arrière).C'est pourquoi on indique non pas la direction à prendre, mais de quel côté il faut pousser la barre franche fixée au safran, ou plus tard tourner la barre à roue actionnant le gouvernail.Pour éviter des accidents malheureux qui ne manquèrent pas d'arriver, ce système controversé est enfin abandonné le 1er janvier 1933 ! Cette décision fit grand bruit à l'époque."
"... pour les spécialistes de la marine, ce scénario est totalement farfelu. Pour commencer, les barres à roue ont fonctionné sur le même principe dès leur invention : le navire tourne dans le sens où le timonier tourne la roue. Et aucun changement technologique n'a eu lieu au début du XXème siècle."
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| John Parrot/Stocktrek Images |
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| Michel (Lolo) et Edmond (Monmon) Navratil |
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| de Paul-Henri Nargeolet - Harper Collins France, 2022 |